Where the River Holds Us.
Where the River Holds Us est un projet documentaire réalisé à Bounda, un petit village situé sur les rives du fleuve Alima, au nord de la République du Congo. C'est là qu'est née une partie de mon histoire familiale, avant que les bouleversements de la colonisation dispersent certains descendants.
Pendant plusieurs jours, j'ai vécu au rythme du fleuve. J'ai partagé les repas, les traversées en pirogue, les soirées de danse, les longues conversations, les silences. Je n'étais ni tout à fait étrangère, ni tout à fait du village. Cette position entre deux mondes est devenue le point de départ de mon regard.
J’ai voulu raconter l'abondance.
L'abondance des savoirs transmis.
L'abondance des gestes répétés depuis des générations. L'abondance des liens entre l'eau, la forêt et les humains.
"Ici, l'eau parle à la forêt. La forêt parle aux humains. Les humains parlent à l'eau."
Mes images cherchent cette conversation invisible.
Elles s'intéressent aux mains qui construisent, qui pêchent, qui cultivent, qui dansent. Aux corps qui habitent un territoire dont l'apparente tranquillité masque des transformations profondes : les effets des changements climatiques, la raréfaction des poissons, les traces persistantes de l'histoire coloniale et les nouvelles formes d'un tourisme qui traverse parfois ces lieux sans vraiment les rencontrer.
Je travaille avec la lumière disponible et une approche documentaire lente. J'accorde autant d'importance à la conversation qu'à l'image, convaincue qu'un portrait n'est jamais seulement une photographie : c'est une collaboration, un acte de confiance et une mémoire partagée.
Ce projet est profondément personnel parce qu'il raconte une rivière qui a façonné mon histoire bien avant ma naissance.
Il est aussi universel, parce qu'il parle de ce besoin que nous partageons tous : savoir d'où nous venons pour mieux comprendre qui nous devenons.
"Je suis revenue vers toi, Alima, et tu m'as reconnue."